mercredi 17 mai 2017

« celui qui n'a pas peur de se découvrir » - Outremeuse au 15 août - photos Cyrus Pâques





Podcast du Belgian Touch en Outremeuse

Ambiance musicale (fanfares et bandas) et interviews d'habitants et de visiteurs à l'occasion des festivités annuelles du 15 août. Intervention en wallon du mayeur de Saint-Pholien Jean-Denys Boussart, gentiment ensuite traduite par son acolyte Michel Charlier. Special Podcast à s'écouter ici :


ou sur Soundcloud ci-dessous:





Raphaël Miklatzki, conseiller communal

« Pour moi les célébrations du 15 août réfèrent plutôt au bouquet de la République libre d'Outremeuse, lequel reprend toute une série de symboles à la fois religieux et en lien avec la Révolution française. C'est aussi une fête de gens qui veulent se rencontrer. A Liège, on se fait des amis rapidement! Celui qui n'a pas peur de se découvrir est vite pris dans l'ambiance! »



Alain Brugmans, serveur occasionnel d'omelettes aux lard et champignons

 « Le 15 août à Liège, c'est une fête populaire, fort connue, qui attire beaucoup de monde toutes les années, par ses manifestations, son folklore et ses spécificités comme le peket et les bouquettes. »



Neymour et Fabienne, les deux restauratrices de chez "Métisses" à la rue Roture

 « Roture c'est déjà un métissage. Il y a pas mal d'étudiants et de fonctionnaires... c'est un quartier très vivant, qui a une âme très forte et tout le monde s'y parle. C'est ça qui est agréable, un village pas loin de la ville. »



Thierry et Caroline entourés de leurs enfants et d'amis

« C'est réputé pour être la fête du peket, c'est ça que vous avez du peket à quasi toutes les échoppes. On en a bu un tout petit peu! On va aller voir le concert NRJ sur la place Delcourt, pour que les filles soyent un petit peu plus joievalles... »



Jeannine Vigneront, habitante d'Outremeuse

« Ici je suis en plein dedans, comme on dit! Je ne peux pas quitter mes amis d'Outremeuse! Le 15 août à Liège c'est quelque chose à voir, mais ça ne vaut pas les années 60! On passait tout par les fenêtres, le peket et les bouquettes! »










Podcast © Lili Sygta (contact: lili@sygta.com)
Photos © Cyrus Pâques (contact: cyruspaques@yahoo.fr)
2016-2017

dimanche 17 janvier 2016

« je vais donc faire autrement »

RHINOCEROS (d'E. Ionesco) @ Théâtre de la place des Martyrs (Bruxelles)
Interview de Christine Delmotte (mise en scène et scénographie - Compagnie Biloxi 48)

L'humain qui se sent perdu trouve sa place dans un groupe en quête de domination par la force.
Ce conformisme va de pair avec une déshumanisation sans retour.


Rhinocéros est à l'affiche jusqu'au 06 février 2016 au Théâtre de la place des Martyrs.

Le conformiste, est-ce quelqu'un qui ne veut plus se poser de questions, parce que ça l'a épuisé ?
Christine Delmotte (mise en scène et scénographie): Il n'a plus la ressource intérieure pour trouver une vitalité personnelle qui soit ouverte aux autres, tolérante. Il n'a plus la force du rapport humain et devient rhinocéros, c'est ce que la pièce raconte, oui.

Qu'est-ce qui alimente cette force, la culture ?
Entre autres, j'imagine ! La culture aide à trouver des marques, des jalons pour rester humain, ne pas renoncer à des valeurs que nous défendons depuis longtemps entre Hommes.

L'amitié aussi ? On voit qu'il y a deux amis. Est-ce qu'on peut être ami avec quelqu'un qui nous dénigre ?
Ouh là là ! Qu'est-ce que vous diriez par rapport à cela ?

Je dirais non, parce qu'à un moment il y a une déception et il faut passer à autre chose !?
Oui mais en même temps, l'humain est très complexe et ambivalent. Ici dans la pièce une série d'évènements amène à la transformation de Jean, et par là à la fin d'une amitié complète [avec Béranger, joué par Pietro Pizzuti]. Ce n'est pas le dénigrement au départ ! Ça peut arriver en amitié ; il n'y a pas de jugement à avoir par rapport à des petits faits de la vie ! Il y a chez Jean un parcours qui le conduit à refuser l'être humain, son esprit, son humanité. La force et l'animalité avant tout ! Retourner aux fonctions vitales absolues et animales !

L'amitié n'a pas su sauver cela...
L'amour non plus d'ailleurs ! Daisy part rejoindre les rhinocéros, parce qu'elle veut être conforme et se dit que c'est là-bas que ça se passe pour le moment, qu'il y a de la force, de l'énergie. Elle se trompe, manifestement ! En tout cas c'est ce que nous raconte Ionesco.

La place des Martyrs est à côté de la rue Neuve.

Comment présenteriez-vous Eugène Ionesco ?
C'est quelqu'un qui me touche ! J'ai monté dernièrement « Le Roi se meurt » avec Pietro Pizzuti également. Il me touche parce qu'il est très sensible aux philosophies orientales. Toute sa thématique autour de l'étrange... Il travaille sur des situations particulières que je traite systématiquement comme un rêve. C'est pour moi la manière la plus juste de faire. Ce sont des rêves qu'il vit, dans lesquels il questionne l'être humain, l'humanité.

Un bon travail de synchronisation avec 9 acteurs sur scène, de la musique, plusieurs conversations simultanées ! C'est tout public sauf pour les épileptiques !
Je me demande si on l'a marqué sur le programme !?

Ce pauvre chat, qui meurt écrasé, le rhinocéros ne l'a pas vu ?
C'est dans les délires de Ionesco, c'est le rêve qu'il raconte, ce sont ces étrangetés ! A partir de ces philosophies orientales dont je suis friande aussi, il regarde le monde et ses bizarreries avec une certaine distance. A un moment donné cette femme devient un chat - c'est nous qui l'avons inventé – et voilà il observe cette femme qui devient un chat en se disant « mais c'est quoi cette histoire quoi ? ».

Quand on adapte une pièce qui a déjà été adaptée, comment fait-on ?
Je travaille beaucoup avec des pièces contemporaines, où je dois tout inventer. Sur les pièces classiques que je monte, je regarde ce qui a été fait, je m'adapte à ce que je ressens, à ce que je veux raconter. Souvent je me rends compte que ce ne sont pas les raisons pour lesquelles j'ai voulu monter la pièce. Je vais donc faire autrement. En général c'est très différent parce que le message n'est pas le même nécessairement, en tout cas la dramaturgie n'est pas la même.


Le théâtre des Martyrs se conformera à vos attentes.


Interview et photos © Lili Sygta 2016

Rhinocéros d'E. Ionesco, par la Compagnie Biloxi 48
au Théâtre de la Place des Martyrs jusqu'au 06 février 2016 
- mardis 19h, mercr à sam 20h (19h le 30/01 suivi d'une rencontre/débat)
- dimanches 24 et 31/01 à 16h. 

mercredi 19 août 2015

Presqu'overdose de Francofolies à Spa

Reportages du Belgian Touch aux Francofolies de Spa 2009. 

Eh oui six ans pour s'en remettre! 

Prestations investies et rencontres touchantes!



BIKINIANS


Hadrien Lavogez: On évite le sujet, ça va nous retomber sur la gueule au réveillon de Noël !
Lili Sygta: Qu'est-ce qu'on doit éviter ?
Hadrien Lavogez: Le sujet de l'adultère, sa tante, notre mère, tu vois des trucs, ça va nous retomber sur la gueule à Pâques, fêtes de Noël, Saint Valentin, la Toussaint, les vacances de février...


Vincent Lontie, Jean-Yves Lontie, Hadrien Lavogez et (debout) Giacomo Panarisi.

Vincent Lontie: Tu nous as vus sur scène ? Qu'est-ce que t'en as pensé ?
Lili Sygta: Très très bien, on a pris des extr...
Vincent Lontie: Tu as pris des ecstas !?
Lili Sygta: Des extraits (avec l'accent anglophone)
Vincent Lontie: Des ex-trade ! Ok, Lili !



Lili Sygta: D'où vient le nom du groupe ?
Vincent Lontie: Les Bikinians sont des habitants des îles Bikini, dans le Pacifique. Ils ont dû s'en aller suite aux essais nucléaires qui ont eu lieu dans les années 50. Finies les vacances, on rentre à la maison, il n'y a plus personne. Nous on est rentrés, on a pris la guitare directement.




Lili Sygta: Est-ce que vous buvez beaucoup au point d'avoir une « cirrhosis », voire une Rhinocirrhosis (nom de leur 2e EP)?
Hadrien Lavogez: Jamais une goutte d'alcool avant un concert. De l'eau sucrée, avec du raisin sec !
Vincent Lontie: La cirrhose du rhinocéros, Lili !
Lili Sygta: Et ça arrive comment ?
Vincent Lontie: Est-ce que tu sais ce qu'est un rhinocéros ?
Hadrien Lavogez: Il est énorme, cet animal !
Jean-Yves Lontie: Membré au lingot !


BENSé

Attendrissant, Bensé partage son album de famille. Interview et extraits au Village Francofou:



DAMEKA

C'est la "groove" famille des intermittents, esprit libre au Carrefour des Talents:



ROMAIN LATELTIN

Le bon frais artisanal à la Brasserie des Thermes:



HERVé BORBé

Ambiance intime à la Villa des Fleurs:




Images Mu Slancie, Interviews & Edition Lili Sygta © Lili Sygta 2009/2015


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jeudi 30 juillet 2015

« Un cadre très intime... »


Interview de Hervé Borbé aux Francofolies de Spa 


Hervé Borbé:
Je suis pianiste, claviériste pour Machiavel depuis fin 1996.


Lili Sygta:
Ce n'est pas vous le punk du groupe ! Vous avez l'air si calme...
Non, ça se voit, ha ha, voilà on ne se refait pas, on est comme on est !

Dans ce récital piano, c'est toute une ambiance, les gens sont là à rêver de quelque chose...
Ce type de concert diffère des autres scènes des Francofolies de Spa. C'est gratuit, par contre les portes sont fermées dès que ça commence. Un cadre très intime, cool... de chouettes conditions pour un musicien. Sur scène avec Machiavel, qui est un groupe à plusieurs facettes, j'ai déjà cette opportunité de partir dans des improvisations de piano, bien entendu sur une durée limitée !

C'est l'envolée qui suspend le boum boum du rock...
C'est ce qui fait la richesse d'un groupe, que chacun puisse être soi-même et apporter ce qu'il a de meilleur. Il y a peut-être un côté pictural dans mon travail musical, du fait que j'aie toujours dessiné, peint, travaillé avec les couleurs. Je procède par touches, par transparences.... L' « harmonie », les « frottements », sont des termes communs aux deux domaines.




Est-ce que vous collaborez avec d'autres artistes ?
Avec mon frère André Borbé qui fait de la chanson pour enfants. A une époque et de façon très occasionnelle, j'ai accompagné Marc Morgan, Curt Close ou d'autres. Disons que je préfère me consacrer à des projets dans lesquels je me sens investi. Enfin, je me suis bien amusé avec ces artistes là aussi, j'ai beaucoup apprécié... Mais voilà avec Machiavel, c'est une histoire d'amitié, c'est un groupe, donc on est tous investis.

Comment en savoir plus sur vous, si discret?
Venir à mes concerts..

On ne se trompe pas si on dit que vous êtes doux et romantique... ?
Tout-à-fait, je le suis je pense, ha ha !

Voilà on vous a fait un peu rougir !


Images Mu Slancie © Lili Sygta 2009/2015




Visionnez ici un extrait du concert en piano solo de Hervé Borbé:



lundi 1 juin 2015

« Je demande qu'on recrache »

Heure-le-Romain
Inauguration du chai de la coopérative « Vin de Liège »


Alec Bol et les bâtiments en arrière-plan - Photomontage

Alec Bol (Administrateur délégué - directeur de la coopérative):
Le chai c'est le lieu où on élève, produit et commercialise le vin. La culture de la vigne existait jadis à Liège et même à Heure-le-Romain, puis a complètement disparu. Les raisons peuvent être la diminution du pouvoir des abbayes où était cultivée la vigne ; la concurrence de la bière... Les sous-sols calcaires de la Basse-Meuse ont cette capacité de rétention d'eau mais aussi de drainage, cela en évite les excès. Généralement, les tiroirs calcaires ont des caractéristiques sur les vins qui sont intéressantes en termes de résultats, on parle de « minéralité ».

Vous avez différentes parcelles à Heure, Bassenge et Eben-Emael. Le vin produit diffère-t-il en fonction de la parcelle ou du soleil?
Alec Bol:
Forcément, c'est ça aussi qui fait la magie du vin ! Un vin n'est pas le même qu'il soit planté sur une terre calcaire, argileuse, sablonneuse. On a planté parfois les mêmes cépages sur des parcelles différentes, et là on va voir ce que ça va donner, on doit apprendre à connaître nos terrains.

Vous ne mélangez donc pas tout en fin de journée ?
Alec Bol:
Oh non non non, jamais ! C'est pour cela qu'on a plusieurs cuves, on fermente les vins toujours séparément, en fonction de la parcelle et du cépage.


Christophe Philippe dans une des trois parcelles d'Heure-le-Romain - Photomontage

Christophe Philippe (Un des 1184 coopérateurs):
Les coopérateurs ont investi par part de 500 €. Pour construire le chai dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui, il a fallu lever des fonds. Au total il y avait un besoin de 1 800 000 €. L'étude de faisabilité réalisée entre 2008 et 2010 a identifié les endroits potentiels et les types de cépages les plus appropriés au climat de nos régions pour produire du vin de qualité. « Vin de Liège » est aussi un projet à fin sociale, qui réintègre quelques personnes dans le circuit du travail.

Alec Bol:
Nous suivons le cahier des charges de l'agriculture biologique ; mais il faut trois ans de culture consécutive pour y entrer. Il y a des terrains plantés en 2013, donc toujours en « transition ». Nous avons replanté des haies vives, ce sont des mesures agro-environnementales favorables à la lutte contre les prédateurs de la vigne. Ainsi des rapaces viennent chasser certains oiseaux qui attaquent nos vignes. Nous avons installé un nichoir à faucons, ils viennent y faire leur nid et empêchent les autres oiseaux de s'implanter dans le vignoble.


Parcelles de vignobles en arrière-plan à Heure-le-Romain

Christophe, vous venez régulièrement pour aider à certaines tâches, de manière bénévole et non obligatoire.
Christophe Philippe:
Oui comme beaucoup de coopérateurs j'aime tailler la vigne, faire les vendanges, ébourgeonner... Tous 1er samedis du mois, ou dimanches pour certains, environ 25 coopérateurs viennent travailler. Le midi chacun amène quelque chose à mettre sur le barbecue ; Vin de Liège propose du pain et des salades. Et toujours du vin aussi ! C'est super sympa, très convivial et ça permet de donner un bon coup d'avancement dans les lignes. Ce boulot considérable épaule celui des personnes « Article 60 ».

Ce ne serait pas viable financièrement sans le travail bénévole des coopérateurs ?
Alec Bol:
C'est plutôt pour qu'ils puissent venir voir comment ça se passe au vignoble. Ça nous donne clairement un coup de main, mais tout peut tout-à-fait fonctionner avec notre équipe interne de sept personnes engagées à temps plein.

Quand l'entreprise réalise un bénéfice, l'argent va vers les coopérateurs ?
Alec Bol:
Pas uniquement. Il y a un droit aux dividendes possible, mais limité par arrêté royal parce qu'on est une coopérative à finalité sociale. On équilibre la distribution des bénéfices entre les coopérateurs et des objectifs sociaux et environnementaux.
Christophe Philippe:
Comme dans toute entreprise, il y a une partie destinée au réinvestissement, pour moderniser le matériel, acheter de nouvelles parcelles, remplacer les 2% de pieds qui ne survivent pas la replantation et garder une réserve pour faire face aux aléas de la météo.


Tranquilles vignobles sur les Hauts de Fragnay à Heure-le-Romain

Est-ce que vous buvez du vin pendant les heures de travail, est-ce que c'est permis ?
Alec Bol:
Non c'est formellement interdit ; même quand on goute je demande qu'on recrache toujours. Il y a trop de dégâts liés à l'alcool parmi les viticulteurs ! Même quelqu'un ici a dû être licencié, ce n'était pas du vin mais de la bière, mais soit... je fais très attention à ce qu'on ne boive pas pendant la journée. On goûte mais on recrache.

Si on reçoit des clients ou des investisseurs qui viennent en grande pompe, on offre un verre naturellement !?
Alec Bol:
Là forcément on n'a plus le choix ! Quelques personnes ici peuvent avoir cette possibilité de boire pour des raisons commerciales. Je tiens à ce que soit bien limité car il y a toujours des risques !


Extrait des bouteilles en vente - Photo Jérôme Bonhomme

Alec Bol:
L'objectif est d'attendre avant de produire du rouge, parce qu'il faut une concentration qu'on est certains d'atteindre quand les vignes sont plus âgées. On ne voulaient pas sortir un rouge moyen, on préfère attendre 2018 ou 2020 je ne sais pas. Pour l'instant on fait rosé, blanc et mousseux.

Ecoutez l'interview ici:

https://soundcloud.com/heure-le-romain/vin-de-liege-alec-bol-et-christophe-philippe-lili-sygta-interview 




Reportage © Lili Sygta 2015

jeudi 19 mars 2015

« On a encore une fois repoussé l'envahisseur »

PLATEFORME-MAROLLES  « Fiesta -142 ans du Vieux Marché » 




Manu Brocante: Une bagarre éternelle contre la ville ! On veut protéger notre quartier, on y tient. Je pense que certains échevins ont bien dû rigoler quand ils ont entendu l'idée de s'attaquer aux Marolles.

Manu Brocante face au café La Brocante
Manu Brocante face au café La Brocante

Manu BrocanteMon chasuble, je ne le quitte plus depuis le début de la bataille. J'aurais bien dit que je dors avec, mais ce serait mentir ! Je le pose sur la chaise du salon. Ça me permet tout en suivant mon JT de jeter un oeil sur mon « no parking dans le Pentagone ».  

C'est un peu surprenant non que la ville ait pu avoir le projet d'un parking souterrain à la place du Jeu de Balle ?
Pierre Wegnez: Oui c'est effectivement une vision tout-à-fait passéiste de la ville ! Ça ne correspond pas du tout aux besoins des gens qui vivent ici ou qui fréquentent ce quartier. 
Manu Brocante« No parking, no bling bling et no lifting ! » On n'est pas d'accord de faire construire un parking sous la place du Jeu de Balle. Tout le monde est au courant qu'on a gagné le combat contre la ville. On est absolument contre le fait de mettre des parkings dans Bruxelles, uniquement pour faire vivre le centre ville, et donc en faire mourir les alentours.


Manu Brocante, Pierre Wegnez et Nicky Luppens rue des Renards
Manu Brocante, Pierre Wegnez et Nicky Luppens rue des Renards


Pierre WegnezOn s'est trouvés entre voisins, on a constitué la plateforme, lancé une pétition, organisé un festival fin novembre 2014, une manifestation pour aller remettre la pétition. On a déposé une demande de classement comme patrimoine à la Région pour la place du Jeu de Balle. C'est en cours d'examen. On a fait un recours au Conseil d'Etat avec les autres quartiers concernés par des projets de parking dans le Pentagone. On a montré qu'on était très mobilisés, très déterminés, qu'on n'allait pas lâcher l'affaire ! Pour finir, la ville a dit qu'elle ne construirait pas de parking ici place du Jeu de Balle. Maintenant ils ont un projet tout aussi foireux aux Brigittines...
Manu Brocante... à 300m de la place Rouppe où il y a aussi un parking de prévu !

Nicky LuppensChacun amène sa pierre, on construit un mur solide tous ensemble. On a prouvé qu'on pouvait arriver à quelque chose sans être agressifs. On a le droit de ne pas être d'accord et de le dire.


Brusseleir, non peut-être? Un froecheleir fait des stuuts en stoemelings, il chipotte les femmes par exemple. Un stauterik est un méchant, un stroetloeper est une sorte de crapule des rues, comme pouvaient l'être Quick et Flupke
Brusseleir, non peut-être? Un froecheleir fait des stuuts en stoemelings, il chipotte les femmes par exemple. Un stauterik est un méchant, un stroetloeper est une sorte de crapule des rues, comme pouvaient l'être Quick et Flupke. 

Nicky LuppensDans des bouquins du 19e, on parle comme c'était trash à cette époque-là... Je vais pas dire que c'était le Moyen-âge mais c'était pas triste, quoi ! C'est parti de là aussi que le quartier a eu une mauvaise réputation.

C'était pas triste, comment ?
Nicky LuppensLa pauvreté ! Les gens malheureux ! Je suppose que c'était pareil à Paris ou à Londres, dans les grandes villes...
Manu Brocante... Ce quartier-ci était exceptionnel, quand même ! Parce que dans les pires difficultés, y a personne qui est capable de mourir de faim, c'est impossible ! Ou faut vraiment faire la grêve de la faim, parce qu'il y a tellement une entraide dans le quartier ! Etrangers, nouveaux arrivants, tous les gens qui habitent le quartier sont impregnés par l'âme du quartier, qui est entre autres l'entraide.


La Compagnie de la Casquette anime aussi les festivités (photo Mu Slancie)
La Compagnie de la Casquette anime aussi les festivités (photo Mu Slancie)

Manu BrocanteDans les années 60, les politiques disaient que les gens du quartier étaient crasseux, sans moyens, alors qu'ils ont recyclé des choses vouées à la poubelle. Quelque part c'était déjà de l'écologie. En 1989 il y a eu la bataille de la Samaritaine. Ils voulaient expulser des gens pour construire je pense des batîments administratifs. Les gens ont carrément squatté la rue, avec les enfants, avec les mamans, avec des matelas au sol, ils ont dormi par terre pour bien dire « non, la rue nous appartient ». Mais bon j'étais jeune, je ne me sentais pas trop concerné. Il n'y a jamais eu grand chose de très grave dans le quartier, depuis. Aujourd'hui j'ai repris le flambeau de mes parents, tout simplement. C'est la 1ère fois de ma vie que je m'investis contre les politiques. J'ai bien l'intention de continuer à militer contre les quatre autres parkings prévus à 1000 Bruxelles parce qu'ils vont pourrir, tuer les alentours du centre ville. Et il en est hors de question ! Parce qu'il y a une vie dans chacun de ces quartiers-là, qu'il est interdit de détruire. 


Une pétition de plus de 23300 signatures a été remise en fanfare à la Ville
Une pétition de plus de 23300 signatures a été remise en fanfare à la Ville


Les Rillettes de Belleville, parmi les nombreuses activités festives et participatives au programme de la semaine de célébration des 142 ans du Vieux Marché place du Jeu de Balle. (photo Mu Slancie)
Les Rillettes de Belleville, parmi les nombreuses activités festives et participatives au programme de la semaine de célébration des 142 ans du Vieux Marché place du Jeu de Balle. (photo Mu Slancie)

Ecoutez notre interview, avec en fond musical les Rillettes de Belleville:




© Lili Sygta 2015

vendredi 20 février 2015

Charleroi humble et chaleureux

CARNAVAL de CHARLEROI (BE-6000) - Ambiance musicale accompagnant les Gilles.



Plumes d'autruches et panier d'osier tressé. Des milliers d'oranges sanguines seront lancées au public.
Costume de lin aux couleurs du drapeau belge.
Les accompagnateurs en sarrau bleu, pantalon blanc, foulard rouge et casquette noire.
Arrivée des cortèges à la Place du Manège de Charleroi.




Photos et sons © Lili Sygta 2015

Ecoutez ici l'ambiance musicale accompagnant le défilé des Gilles: